Obama, le G20 et le capitalisme

Saviez-vous que Joe Biden, 47e et actuel vice-président des États-Unis d’Amérique, est également sénateur de l’état du Delaware depuis 1973. Et saviez-vous que le Delaware est considéré comme un paradis fiscal dans la mesure ou les sociétés offshores ne paient qu’une imposition forfaitaire minime. D’autre part, le G20 se déroule à Londres, la plus importante place financière d’Europe, chez un allié traditionnel des Américains. Ces choix ne sont pas anodins et reflètent l’influence de lobbies.

Quel type de re-fondation peut on attendre des maitres du jeu ? Comment des individus ayant soutenu ce système avec conviction peuvent-ils désormais refonder le capitalisme ? On parle d’ailleurs de recréer un système, et pas d’en créer un autre, ce qui paraît encore utopique. Le débat serait long pour envisager, ou non, un nouveau mode de gouvernance économique. Force est de constaté que le capitalisme est créateur de richesses. Il est également créateur d’inégalités sociales. Peut-on rester aussi productif en réduisant l’écart entre riches et pauvres ? Peut-être pas, peut-être que le monde nécessite des ambitieux sans scrupules pour avancer. Peut-être que la nature humaine n’est pas suffisamment douce pour que le monde le soit, et Kant avait raison de nous comparer à des démons suffisamment intelligents pour vivre en société.

Barack Obama, le 44e et actuel président des Etats-Unis d’Amérique, a fait une tournée quasi-triomphale en Europe. Succès au G20, entente parfaite à l’OTAN, discours public à Prague et médias sous le charme de Barack et son épouse. Succès au G20 ? Oui, sans doute puisque notre Président est resté. Comme il a dit qu’il partirai s’il n’avait pas gain de cause, il lui suffit de rester pour l’obtenir. Tactique de communication qui a eu tendance à agacer le duo Obama/Brown.

Obama a en effet changer le style de la présidence mais la politique extérieure américaine reste essentiellement pro-américaine et le Delaware ne fait pas parti de la  liste des paradis fiscaux établie au G20. Ni Hong-Kong, pour ne pas froisser la Chine. Et voilà comment obtenir simplement un consensus : en ne dérangeant aucun décideur. Certes, tout le monde (politique) est content, mais peut-on vraiment prendre des décisions dans ces conditions ? Au final quelques rémunérations sont bridées et quelques pays pointés. A noter la réaction très positive des marchés financiers. Le CAC40 a même dépasser les 3000 points quelques instants. Il me semble étrange que les bourses réagissent positivement à une régulation plus soutenue de leurs activités. A moins que ce soit la non-régulation qui soit saluée… Autre facteur positif pour les marchés : la baisse du taux directeur de la BCE.

Obama a néanmoins terminé sa tournée européenne en réclamant l’adhésion de la Turquie par l’UE. 2 raisons possibles : pour fidéliser son allié Turc et pour compliquer la construction de l’UE. Donc Obama finit par faire de la politique extérieure « à l’ancienne ».

Je ne le dirai jamais suffisament : Obama est une marque déposée et sa campagne fut un slogan. « Yes we can ». Et bien vas-y, « Just do it »…

PS : Parachute doré d’Alain Souchon, 5 mois après sa sortie, reste d’actualité.

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