Orelsan, censure, sexisme contre féminisme

Encore un sujet sur lequel tout consensus semble impossible. Et pour cause puisqu’il oppose les sexistes aux féministes, donc des extrémistes à d’autres… J’ai écouté et vu le clip de Orelsan. Oui, les paroles sont violentes. Oui, ces paroles peuvent être considérées comme une incitation à la violence envers les sales putes qui trompent leur mec. Certes. Mais cette violence n’est-elle pas inhérente au rap ? Le rap est une musique souvent contestataire, fortement ancrée dans les banlieues. Force est de constaté que les banlieues ont malheureusement quelques raisons légitimes d’être en rébellion face au « système ». Des groupes comme NTM (Nique Ta Mère pour les incultes) et bien d’autres ont souvent eu des paroles violentes contre l’État, contre la police assez souvent. D’autres font l’apologie des voyous (Hymne à la racaille du 3ème Œuil). Concernant le sexisme, Doc Gynéco a écrit sur la femme objet. D’autres artistes peuvent avoir des paroles homophobes (accompagnées parfois de reliquats de morale religieuse). Ceux qui ne supportent pas la violence écoute rarement du rap. Pour eux, il y a le RnB…

Faut-il interdire les chansons en fonction de leurs paroles. Faut-il un CSA pour la musique ? Un Comité donnant son approbation aux musiques avant diffusion ? Comme en Iran (où les jeunes ne peuvent pas jouer de musiques occidentales) ? Pour le défenseur de la liberté d’expression que je suis, il n’en est pas question. Mais nous vivons une époque politiquement correcte. Le négationnisme peut ainsi être poursuivi en justice. Peut être un jour, le lobby féministe fera passer une loi pour interdire tout déclaration publique évoquant une violence faite à une femme.

La violence décrite dans le clip n’est pas tout à fait gratuite. D’une part le mec est ivre (ce qui n’excuse rien mais çela replace un contexte), et d’autre part sa ex-copine l’a trompé. Trompé son conjoint me semble un acte très violent. J’attends qu’une féministe m’explique qu’une fille qui trompe son mec n’est pas une sale pute…

Enfin, je pense que la décision finale revient au public qui peut sanctionner un artiste en boycottant ses concerts et en n’achetant pas son disque. Dans le cas présent, la polémique me semble avoir plus servi à Orelsan. Je ne le connaissais pas avant sa déprogrammation des Francopholies de La Rochelle.

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